Diagnostics obligatoires pour vendre en 2026
La matrice des diagnostics obligatoires à la vente selon votre bien, leur durée de validité, et ce qui change au 1er janvier 2026 pour le DPE.

Les diagnostics sont l’étape la plus mécanique de votre vente, et c’est une bonne nouvelle : il suffit de savoir lesquels vous concernent et de les commander au bon moment. C’est aussi l’étape où un retard se paie le plus cher, parce qu’un diagnostic manquant bloque la signature du compromis.
Voici la liste complète, ce qui déclenche chaque ligne, combien de temps chaque document reste valable, et le changement de 2026 qui peut faire gagner une classe énergétique à votre logement sans le moindre travaux.
Le dossier de diagnostic technique, en résumé
L’ensemble des diagnostics réunis forme le dossier de diagnostic technique, le DDT. Il doit être annexé au compromis de vente, donc être prêt avant.
Un point qui surprend souvent : le diagnostic de performance énergétique doit exister dès la mise en ligne de l’annonce, puisque son classement doit y figurer. Celui-là ne peut donc pas attendre.
Tous ces diagnostics sont à la charge du vendeur, et doivent être réalisés par un diagnostiqueur certifié, à une exception près que nous verrons plus bas. Le budget dépend de la surface, de l’ancienneté du bien et du nombre de diagnostics à réaliser : demandez deux ou trois devis, les écarts entre professionnels sont réels.
La matrice : quels diagnostics pour votre bien
Aucun vendeur n’a besoin des quatorze lignes. Le tableau se lit dans la colonne de votre bien, puis se vérifie ligne par ligne.
| Diagnostic | Maison individuelle | Appartement en copropriété | Terrain à bâtir | Validité à la vente |
|---|---|---|---|---|
| Performance énergétique (DPE) | Oui | Oui | Non | 10 ans |
| Audit énergétique | Oui si le DPE classe E, F ou G | Non | Non | 5 ans |
| Plomb (CREP) | Oui si construit avant le 01/01/1949 | Oui si construit avant le 01/01/1949 | Non | Illimitée, ou 1 an si plomb détecté à 1 mg/cm² ou plus |
| Amiante | Oui si permis de construire avant le 01/07/1997 | Oui si permis de construire avant le 01/07/1997 | Non | Illimitée si le diagnostic date du 01/04/2013 ou après |
| Installation électrique | Oui si l’installation a plus de 15 ans | Oui si l’installation a plus de 15 ans | Non | 3 ans |
| Installation gaz | Oui si l’installation a plus de 15 ans | Oui si l’installation a plus de 15 ans | Non | 3 ans |
| Termites | Oui en zone délimitée par arrêté préfectoral | Oui en zone délimitée par arrêté préfectoral | Non | 6 mois |
| État des risques et pollutions (ERP) | Oui en zone concernée | Oui en zone concernée | Oui en zone concernée | 6 mois |
| Bruit des aéroports | Oui en zone de plan d’exposition au bruit | Oui en zone de plan d’exposition au bruit | Oui en zone de plan d’exposition au bruit | Aucune durée fixée |
| Assainissement non collectif | Oui si le bien n’est pas raccordé au tout-à -l’égout | Rare, mais oui si l’immeuble n’est pas raccordé | Non | 3 ans |
| Mérule | Information obligatoire en zone délimitée par arrêté | Information obligatoire en zone délimitée par arrêté | Non | Aucune durée fixée |
| Appareil de chauffage au bois | Oui si appareil au bois en zone de plan de protection de l’atmosphère | Oui si appareil au bois en zone de plan de protection de l’atmosphère | Non | Aucune durée fixée |
| Surface privative (loi Carrez) | Non | Oui | Non | Aucune durée fixée |
| Carnet d’information du logement | Oui si permis ou travaux énergétiques depuis le 01/01/2023 | Oui si permis ou travaux énergétiques depuis le 01/01/2023 | Non | Aucune durée fixée |
« Aucune durée fixée » ne veut pas dire « éternel ». Aucun texte n’impose de refaire ces documents à intervalle régulier, mais ils doivent être exacts le jour de la signature. Un mesurage Carrez ne vaut plus rien si vous avez abattu une cloison depuis, et une information mérule doit refléter l’arrêté en vigueur, pas celui d’il y a cinq ans.
Sources, vérifiées le 18 août 2026 : la composition du dossier de diagnostic technique est fixée par l’article L271-4 du code de la construction et de l’habitation (version en vigueur au 11 avril 2024). Les conditions et durées de validité de chaque diagnostic sont celles publiées par service-public.gouv.fr. Les exemptions de DPE figurent à l’article R126-15 du même code.
Ces règles évoluent. Si vous lisez cette page longtemps après la date ci-dessus, vérifiez les deux ou trois lignes qui vous concernent avant de commander quoi que ce soit.
Ce qui change au 1er janvier 2026
C’est la nouveauté de l’année, et elle joue en faveur des vendeurs dont le logement est chauffé à l’électricité.
Le DPE convertit l’énergie consommée en « énergie primaire » à l’aide d’un coefficient. Pour l’électricité, ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026. Concrètement, la même consommation produit désormais un meilleur classement. Le ministère chargé du logement estime qu’environ 850 000 logements sortent du statut de passoire énergétique sans aucun travaux.
Deux conséquences pratiques si vous vendez cette année :
Votre DPE établi avant 2026 reste valable, mais il ne reflète plus le nouveau calcul. Vous pouvez en obtenir la mise à jour gratuitement et sans nouvelle visite de diagnostiqueur, sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME. L’attestation obtenue reste valable jusqu’à la fin de validité de votre DPE d’origine. La démarche est décrite par le ministère chargé du logement.
Cela peut supprimer l’audit énergétique de votre dossier. Si votre logement passait de F à E, ou de E à D, la ligne « audit énergétique » du tableau ne vous concerne plus. C’est plusieurs centaines d’euros et un délai en moins. Vérifiez ce point avant de commander l’audit, pas après.
Et un second palier est déjà écrit pour le 1er janvier 2027. Un arrêté du 19 août 2026 abaisse encore ce coefficient, à 1,7. Si votre logement est chauffé à l’électricité et que votre vente se prolonge au-delà de la fin de l’année, une mise à jour de votre DPE en janvier peut vous faire gagner une lettre supplémentaire, toujours sans travaux et sans nouvelle visite.
Les six pièges de ce tableau
Chaque ligne du tableau est simple. Ce sont les à -côtés qui coûtent cher.
Un DPE « de moins de dix ans » n’est pas forcément valable. Les réformes successives ont écourté la validité des anciens DPE : ceux réalisés entre 2013 et 2017 ont cessé d’être valables le 1er janvier 2023, et ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 le 1er janvier 2025. En 2026, seul un DPE réalisé le 1er juillet 2021 ou après est encore utilisable. Regardez sa date avant de compter dessus.
L’audit énergétique est la ligne que l’on découvre trop tard. Il ne concerne que les maisons individuelles et les immeubles entiers appartenant à un seul propriétaire, classés E, F ou G. Un appartement en copropriété n’est jamais concerné, quelle que soit son étiquette. C’est un document nettement plus long et plus cher qu’un DPE : si votre classement l’exige, lancez-le tôt.
L’état des risques se remet dès la première visite, pas au compromis. C’est le seul document du dossier qui doit être entre les mains de l’acquéreur avant même qu’il ait fait une offre. Le faire établir la veille du compromis, c’est être en retard de plusieurs semaines.
L’assainissement n’est pas réalisé par un diagnostiqueur. Le contrôle est fait par le service public d’assainissement non collectif de votre commune, le SPANC. C’est le seul délai du dossier que vous ne choisissez pas, et le seul rendez-vous que vous ne pouvez pas avancer en payant plus cher. Si le contrôle révèle une non-conformité, les travaux doivent être réalisés dans l’année qui suit la vente, sauf si l’acquéreur accepte de les reprendre à son compte : c’est un point de négociation, autant le connaître avant qu’il ne soit soulevé en face de vous.
Une erreur de plus de 5 % sur la surface Carrez se paie en euros. Au-delà de cet écart, l’acquéreur peut demander une réduction du prix proportionnelle à la surface manquante. Caves, garages et parkings ne sont pas comptés dans cette surface : ne les ajoutez pas pour faire un plus joli chiffre.
Deux lignes tiennent à la seule année de construction. Un permis antérieur au 1er juillet 1997 déclenche l’amiante, une construction antérieure au 1er janvier 1949 déclenche le plomb. C’est la première information à retrouver sur votre titre de propriété, parce qu’elle décide de deux diagnostics à elle seule.
Un cas concret : quels diagnostics pour cette maison ?
Les listes sont difficiles à appliquer à son propre bien. Déroulons-en une sur un cas.
Une maison de 1975, en zone rurale, non raccordée au tout-à -l’égout, en zone de sismicité 2 mais hors zone termites, avec une installation électrique d’origine jamais refaite, une installation gaz posée en 2015, et un DPE classé D.
| Diagnostic | Ici | Pourquoi |
|---|---|---|
| DPE | Oui | Toujours, et avant l’annonce |
| Audit énergétique | Non | Classé D, donc hors du champ E, F et G |
| Risques (ERP) | Oui | Zone de sismicité 2, à vérifier sur Géorisques |
| Électricité | Oui | Installation de plus de 15 ans |
| Gaz | Non | Installation de 2015 |
| Amiante | Oui | Permis antérieur au 01/07/1997 |
| Plomb | Non | Construit après 1949 |
| Assainissement | Oui | Non raccordé au tout-à -l’égout |
| Termites | Non | Hors zone préfectorale |
| Loi Carrez | Non | Maison, pas un lot de copropriété |
Cinq diagnostics sur dix. Et la ligne la plus intéressante est celle qui n’apparaît pas : si cette maison avait été classée E, l’audit énergétique se serait ajouté, avec son coût et son délai. Un point de DPE, une ligne de plus au dossier.
Quand s’y prendre, concrètement
L’ordre qui évite les mauvaises surprises :
- Dès la décision de vendre : lancez le contrôle d’assainissement si vous n’êtes pas raccordé au tout-à -l’égout. C’est le seul délai du dossier que vous ne maîtrisez pas.
- Avant de publier l’annonce : le DPE, puisque son classement doit y figurer. Et si le DPE sort en E, F ou G, enchaînez immédiatement sur l’audit énergétique.
- Avant la première visite : l’état des risques, qui se remet à l’acquéreur ce jour-là .
- Avant le compromis : tout le reste, en tenant compte des validités courtes. L’état des risques et le diagnostic termites ne valent que six mois : les faire trop tôt oblige à les refaire.
L’erreur la plus fréquente
Attendre d’avoir un acheteur pour commander les diagnostics.
C’est compréhensible : on ne veut pas dépenser avant d’être sûr de vendre. Mais un acheteur décidé qui doit patienter trois semaines est un acheteur qui continue de visiter ailleurs pendant ce temps. Le coût du dossier est fixe ; le risque de perdre l’acheteur ne l’est pas.
Aller plus loin
Une fois vos diagnostics réunis, la suite du parcours est balisée. Notre guide pour vendre sans agence reprend les dix étapes de la vente, de l’estimation à la signature chez le notaire.
Si vous n’avez pas encore fixé votre prix, commencez par là : estimer sa maison soi-même explique comment partir des ventes réelles de votre secteur.
Le dossier de diagnostics est à votre charge, et c’est loin d’être le poste le plus lourd d’une vente : calculez ce qu’une agence prendrait sur la vôtre pour situer ces montants, et ce que coûte vraiment une agence explique d’où ils viennent.
Et les diagnostics ne sont qu’une partie du dossier : tous les documents à réunir pour vendre reprend le reste, du titre de propriété aux autorisations de travaux.