Offre d’achat reçue : ce qu’elle vous engage
Offre acceptée, contre-offre, délai de validité, offres multiples : ce qu’une offre d’achat engage vraiment côté vendeur, et comment y répondre.

Une offre d’achat arrive, par e-mail, par SMS ou sur une feuille signée à la sortie d’une visite. C’est le moment que vous attendiez depuis la mise en ligne de l’annonce, et c’est aussi celui où l’on a le plus envie de répondre vite.
Avant de répondre, une seule question compte : qu’est-ce que votre réponse va vous engager à faire ? Accepter, refuser, contre-proposer ou laisser passer le délai n’ont pas du tout les mêmes conséquences. Cet article les passe en revue du côté du vendeur, celui qui reçoit l’offre et qui doit décider.
Ce qui fait d’un message une vraie offre
Toutes les propositions ne se valent pas. Le code civil distingue deux choses :
- une offre, qui contient les éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté de son auteur d’être engagé si elle est acceptée ;
- une invitation à négocier, qui n’a pas ces deux caractéristiques.
« Je serais prêt à faire une offre si vous baissez un peu » n’est pas une offre. « J’achète votre maison située à telle adresse, à tel prix, offre valable jusqu’à telle date », c’en est une.
Une offre par e-mail, est-ce valable ?
La loi n’impose pas de forme à une offre : la volonté de s’engager peut résulter d’une déclaration ou d’un comportement sans ambiguïté. Un e-mail peut donc constituer une offre, si son contenu le permet.
Ce n’est pas une raison pour s’en contenter. Demandez une offre écrite et signée, qui reprend clairement :
| Ce que l’offre doit dire | Pourquoi c’est utile |
|---|---|
| L’identité de l’acheteur et l’adresse du bien | Pour savoir qui s’engage, et sur quoi |
| Le prix proposé | C’est l’élément sur lequel vous allez répondre |
| La date limite de validité | C’est elle qui fixe combien de temps l’acheteur est tenu |
| Le mode de financement : apport, prêt, montant | C’est ce qui dit si la vente a des chances d’aller au bout |
Une offre précise vous protège autant que l’acheteur : le jour où il faudra rédiger le compromis, personne ne pourra prétendre avoir compris autre chose.
Combien de temps une offre est-elle valable ?
Il n’existe aucune durée légale. C’est l’acheteur qui fixe la durée de validité de son offre. S’il n’en fixe aucune, l’offre tient pendant un « délai raisonnable », notion que la loi ne chiffre pas.
En pratique, la durée la plus courante est d’environ 7 jours. C’est un usage, pas une règle : une offre peut en prévoir moins ou davantage, et c’est la date écrite sur l’offre qui compte.
Deux règles découlent de ce délai, et elles jouent pour vous :
- Pendant ce délai, l’acheteur ne peut pas retirer son offre. S’il la retire quand même, il engage sa responsabilité, mais attention à ce que cela veut dire : la vente n’est pas pour autant conclue, et il n’a pas à vous indemniser du gain que vous espériez de la vente.
- À l’expiration du délai, l’offre tombe d’elle-même. On dit qu’elle devient caduque.
Le silence ne vaut pas acceptation. Laisser une offre sans réponse, ce n’est pas l’accepter, c’est la laisser expirer. Si l’offre vous intéresse, répondez avant la date limite, et par écrit.
Prendre un jour ou deux pour réfléchir reste donc tout à fait possible, à condition de connaître la date limite et de répondre avant.
Accepter : à partir de quand vous êtes engagé
C’est le point le plus sous-estimé. Le contrat est conclu dès que votre acceptation parvient à l’acheteur. Et le code civil pose une règle très ancienne : la promesse de vente vaut vente dès qu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix.
Autrement dit, une offre précise, acceptée sans réserve sur le bien et sur le prix, n’est pas une simple marque d’intérêt. Vous ne pouvez pas faire comme si vous n’aviez rien signé parce qu’une meilleure proposition arrive le lendemain.
Votre acceptation ne peut être reprise que tant qu’elle n’est pas parvenue à l’acheteur, et à condition que votre rétractation lui parvienne avant elle. Une fois l’e-mail lu ou la lettre reçue, il est trop tard.
Vous êtes engagé, l’acheteur pas encore tout à fait
L’acceptation de l’offre ouvre la voie au compromis (ou à la promesse de vente). Et à cette étape, les deux parties ne sont pas logées à la même enseigne :
| À la signature du compromis | Le vendeur | L’acheteur non professionnel |
|---|---|---|
| Délai de rétractation | Aucun : il est définitivement engagé | 10 jours, sans avoir à se justifier |
| Condition de financement | Il la subit | S’il emprunte, la vente dépend de l’obtention de son prêt |
Accepter une offre, c’est choisir avec qui vous allez bloquer votre bien. Une offre au prix avec un financement fragile peut vous coûter des semaines si elle échoue. Notre article sur les vrais risques d’une vente sans agence détaille les questions à poser sur le financement avant de dire oui.
La contre-offre : ce qu’elle fait disparaître
Une offre en dessous de votre prix n’appelle pas forcément un refus. Vous pouvez proposer un montant intermédiaire : c’est une contre-offre.
Sur le plan juridique, une contre-offre n’est pas une acceptation. Une acceptation qui ne correspond pas exactement à l’offre est sans effet, sauf à constituer une offre nouvelle. C’est exactement ce qu’est votre contre-offre : une nouvelle offre, dont vous êtes désormais l’auteur.
Cela a deux conséquences très concrètes :
- L’offre de départ disparaît. Si l’acheteur refuse votre contre-offre, vous ne pouvez pas revenir en arrière et accepter sa proposition initiale : elle n’existe plus. Il peut la reformuler, il n’y est pas obligé.
- C’est vous qui êtes tenu, maintenant. Les règles du délai s’appliquent à votre contre-offre : si vous fixez une date limite, vous ne pouvez pas la retirer avant. Si l’acheteur l’accepte dans le délai, la vente est conclue à votre prix intermédiaire.
Mettez toujours une date limite sur votre contre-offre, et une date courte. Sans elle, vous restez engagé pendant un « délai raisonnable » que personne n’a chiffré, avec un bien que vous ne pouvez pas proposer à quelqu’un d’autre en toute sérénité.
Sur la forme, une contre-offre se défend. Un chiffre sec ressemble à un refus et fait fuir l’acheteur. Un chiffre accompagné de deux ou trois raisons tirées de votre bien (son état, les travaux faits, les ventes récentes du quartier) laisse la discussion ouverte.
Plusieurs offres en mĂŞme temps
Bonne nouvelle, et c’est un vrai sujet : à qui répondre ?
Le code civil pose le principe de la liberté contractuelle : chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, et de choisir son cocontractant. Rien ne vous oblige à accepter la première offre arrivée, ni la plus élevée. Vous pouvez retenir une offre un peu plus basse parce que son financement est solide, ou parce que l’acheteur n’a pas de bien à vendre avant d’acheter.
Trois réflexes évitent les ennuis :
- N’acceptez qu’une offre à la fois. Accepter deux offres sur le même bien, c’est vous engager deux fois sur une vente que vous ne pouvez faire qu’une fois.
- Répondez aux autres acheteurs. Un refus courtois laisse la porte ouverte si la première vente échoue pendant la période de financement.
- Comparez les offres sur le même tableau : prix, apport, prêt, bien à vendre ou non, date d’entrée souhaitée. Le prix seul ne dit pas quelle vente ira au bout.
Et une offre au prix affiché ?
C’est la question qui revient le plus : un acheteur qui propose exactement le prix de l’annonce vous oblige-t-il à vendre ? La réponse ne tient pas en une ligne. Elle dépend notamment de la question de savoir si votre annonce constituait une offre au sens du code civil ou une simple invitation à négocier. Si un acheteur vous met en demeure sur ce terrain, ne répondez rien avant d’en avoir parlé au notaire.
Et après l’acceptation ?
Une fois l’offre acceptée, la suite se passe chez le notaire : rédaction du compromis ou de la promesse de vente, délai de rétractation de l’acheteur, dépôt de garantie, conditions suspensives, puis acte authentique. Tout cela est détaillé dans notre guide complet du compromis de vente, qu’il est utile de lire avant de signer quoi que ce soit, offre comprise.
Dans le parcours Vandova, c’est l’étape 8 (comprise dans l’offre Premium) : chaque offre reçue y est enregistrée et suivie (reçue, acceptée, refusée, contre-offre), vous pouvez importer le PDF de l’acheteur pour l’annoter et le signer, ou y écrire votre contre-proposition, et chaque document est archivé pour ne rien perdre de l’historique de la négociation.
Sources, vérifiées le 21 octobre 2026 : la définition de l’offre, son délai de validité, sa caducité, le silence qui ne vaut pas acceptation, la conclusion du contrat à réception de l’acceptation, la contre-offre comme offre nouvelle et la liberté de choisir son cocontractant sont fixés par les articles 1102 et 1113 à 1121 du code civil, issus de l’ordonnance du 10 février 2016. Le principe selon lequel la promesse de vente vaut vente figure à l’article 1589 du code civil. Le délai de rétractation de 10 jours de l’acquéreur et l’engagement définitif du vendeur à la signature de l’avant-contrat sont décrits par service-public.gouv.fr.
Par oĂą commencer
Une offre se juge d’abord par rapport au prix de votre bien. Si vous n’êtes pas certain du vôtre, notre estimation en ligne est gratuite et ne demande pas de compte : c’est la base de toute contre-offre argumentée.
Et pour situer l’offre dans l’ensemble de la vente, notre guide pour vendre sans agence reprend les dix étapes, de l’estimation à la remise des clés.